PNKB : 8 jours pour prévenir les maladies homme-faune
La pression accrue exercée sur les ressources du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) depuis l’instabilité sécuritaire au Nord et au Sud-Kivu multiplie les contacts entre l’homme, la faune sauvage et l’environnement. Selon les experts, cette situation augmente les risques de transmission de maladies entre animaux et humains.
« 75 % des maladies émergentes sont d’origine animale. Cela veut dire que 3 nouvelles maladies sur 4 viennent des animaux. Avec l’intensification du braconnage, de la déforestation et de la proximité entre humains, animaux domestiques et faune sauvage, les risques augmentent. Un problème local peut rapidement devenir une menace mondiale », explique le Professeur Mitima Kashosi Théophile, Secrétaire Exécutif du Comité de coordination provinciale Une Santé du Sud-Kivu.
Ce dernier vient de faciliter à Bukavu au Sud-Kivu, du 1er au 9 avril 2026, avec d’autres experts, le Professeur Ahadi Birindwa de l’Université Évangélique en Afrique (UEA) et ceux de la Wildlife Conservation Society du Congo-Brazzaville en visioconférence , un atelier de formation sur l’approche Une Santé (One Health) et la prévention des risques sanitaires à l’intention de l’unité « Une Santé », mise en place par le PNKB depuis décembre 2025.
Pendant 8 jours, les participants, dont des agents du Parc, des partenaires Primates Expertise (Pex) et Pole Pole Foundation (POPOF), des représentants des Comités de Conservation Communautaire (CCC) et de l’Association des jeunes de Kabare « Maisha na Mazingira », ont été formés sur la surveillance sanitaire de la faune, les maladies zoonotiques, les comportements à risque et les systèmes d’alerte précoce.
Ensemble, ils ont identifié les menaces, proposé des solutions et réfléchi à des actions concrètes pour protéger le Parc et les communautés. « Cette formation m’a permis de comprendre comment on doit agir sur le terrain face à des situations de risques. J’ai aussi appris à identifier les signes précoces et à signaler rapidement les cas sur le terrain », confie un participant.

Un moment fort de la formation a été la visite du Centre de Réhabilitation des Primates de Lwiro (CRPL). Les participants y ont constaté des primates victimes du braconnage, soignés avant leur retour dans la nature. Ils ont également appris comment les maladies peuvent se transmettre entre les humains et les primates, dans les deux sens. Une réalité qui touche et qui rappelle l’urgence d’agir.
Au dernier jour, les participants ont été formés sur l’éthique, les responsabilités professionnelles et l’engagement institutionnel. Aujourd’hui, une équipe est prête : « prête à sensibiliser, prête à alerter, prête à prévenir », déclare Fabrice Yapi, Responsable du Département de Recherche et Biomonitoring du PNKB.
Rappelons que le PNKB a déjà outillé les moniteurs communautaires du Mécanisme de Gestion des Plaintes et de Feedback (MGPF) à la collecte des plaintes sur le conflit homme-faune sauvage autour du Parc. Ces alertes vont également permettre de réagir plus vite sur le terrain.
- K-B FM




