Justice climatique et reboisement : L’engagement de la jeunesse de Bukavu pour le « Mois Vert »
Face à la recrudescence des catastrophes naturelles et des érosions mortelles qui frappent le chef-lieu du Sud-Kivu, la jeunesse de Bukavu refuse la fatalité. À travers la campagne citoyenne du « Mois Vert », des mouvements de jeunes et des clubs écologiques scolaires se mobilisent activement pour reboiser les collines dégradées de la ville et de ses périphéries. Une action concrète pour restaurer l’écosystème urbain et protéger des vies humaines.
« Planter un arbre à Bukavu, ce n’est plus seulement un geste esthétique ou une option écologique : c’est une mesure de survie collective pour stabiliser nos quartiers. »
Ce cri du cœur d’une jeune étudiante engagée sur les hauteurs de la commune de Kadutu résume l’esprit qui anime la jeunesse de Bukavu. Aggravées par une urbanisation anarchique et la déforestation des bassins versants, les pluies diluviennes transforment régulièrement les pentes de la ville en glissements de terrain meurtriers. Face à cette urgence, les nouvelles générations s’approprient le concept de justice climatique en passant à l’action sur le terrain.
Pendant le « Mois Vert », des centaines d’élèves, d’étudiants et de militants associatifs se relaient sur les sites les plus vulnérables de la ville — comme les flancs de la colline de Karhale ou les périphéries de Panzi — pour mettre en terre des milliers de jeunes plants forestiers et agroforestiers, capables de fixer durablement les sols menacés.
Les clubs écologiques : incubateurs de la conscience environnementale
Cette dynamique repose en grande partie sur l’implication des structures scolaires. En créant des pépinières au sein même des établissements et en initiant les élèves aux techniques de repiquage, les clubs écologiques transforment les cours de récréation en espaces d’apprentissage civique et environnemental. L’objectif est double : reverdir la ville à court terme, et ancrer une culture de protection de la nature chez les futurs décideurs de la province.
L’œil du terrain : Restaurer le couvert végétal pour sauver des vies
Pour analyser la portée de cette mobilisation citoyenne, Monsieur Espoir Balangaliza, coordinateur au sein du réseau Espace Climat, partage son expertise et son constat de terrain :
« Cette ferveur de la jeunesse montre une prise de conscience majeure : ils ont compris que le changement climatique se combat d’abord par des actions locales. Les collines de Bukavu ont été totalement dénudées par la pression démographique, ce qui détruit la structure des sols. Monsieur Espoir Balangaliza insiste : « En reboisant les zones à forte pente de manière méthodique, ces jeunes recréent un bouclier végétal indispensable pour freiner le ruissellement des eaux de pluie et stopper les érosions mortelles. Le ‘Mois Vert’ prouve que la jeunesse ne veut plus être une simple spectatrice des crises environnementales, mais la principale force de proposition et d’action. » »
Un plaidoyer pour une justice environnementale durable
Au-delà de la pioche et du râteau, la mobilisation des jeunes à Bukavu s’accompagne d’un intense travail de plaidoyer auprès des autorités locales pour l’application stricte des normes urbanistiques et environnementales. En exigeant la protection des espaces verts existants et le suivi rigoureux des sites reboisés, la jeunesse sud-kivucienne lie indissociablement la justice sociale à la justice climatique, dessinant les contours d’une ville plus résiliente et plus sûre.
La production de cet article s’inscrit dans le cadre des activités de la Radio Kahuzi-Biega FM dans le projet de Promotion de la Conservation Communautaire et Amélioration de la Gouvernance dans l’aire du PNKB à travers la Radio Kahuzi-Biega FM.
- Diane Mweze





