Kalonge : les communautés s’unissent pour sauver le PNKB

Le Parc National de Kahuzi-Biega, trésor mondial de biodiversité, se trouve à la croisée des chemins. Tandis que des menaces persistantes, comme la coupe illégale de bois et la carbonisation (production de braise), mettent en péril cet écosystème fragile, une vague d’initiatives communautaires porte l’espoir d’une conservation on ne peut plus durable.
Face à la pression humaine, la solution ne vient pas seulement des patrouilles, mais aussi et surtout des mains de ceux qui vivent aux portes du Parc : les communautés riveraines.
C’est dans cette optique de sauvegarde que le Comité Local de Suivi des Forêts (CLSF) a intensifié ses activités. Située à Ntulu-Mamba (Kalonge, près de Fendula), cette organisation incarne la résilience locale. Le CLSF travaille en collaboration étroite avec l’ECC (Église du Christ au Congo) et la Caritas sur le projet NEXI, spécifiquement axé sur la lutte contre le réchauffement climatique. De plus, il collabore avec le PNKB pour sensibiliser la communauté à la lutte contre la déforestation des aires protégées.
L’approche de cette organisation est double et fondamentale notamment réduire la pression sur la forêt. Selon Mr Bisimwa Cizungu, leader au sein de cette organisation, en mobilisant les membres de la communauté autour d’initiatives de reboisement, l’objectif est clair : créer des sources alternatives de bois de chauffe et de construction en dehors des limites du PNKB. « En plantant des arbres dans leur propre milieu, les communautés visent à ce que le Parc subisse, à l’avenir, moins de pression de la part des populations en quête de bois, de planches et de braise », a-t-il expliqué en ajoutant que les actions du CLSF ne se limitent pas à la plantation. Elles incluent également la préparation d’engrais organique. Cette pratique encourage une agriculture plus efficace sur de petites parcelles, réduisant le besoin de défricher de nouvelles terres et limitant l’empiètement sur les aires protégées.

L’initiative du CLSF et l’engagement des habitants de Ntulu-Mamba sont exemplaires. Ils démontrent que la protection du patrimoine mondial peut passer par une approche collaborative, où la communauté n’est plus perçue comme une menace, mais comme le premier gardien de la forêt.
En investissant dans la reforestation de leur propre milieu, ces hommes et femmes œuvrent concrètement à alléger la dépendance de leur économie locale aux ressources du Parc. Ils bâtissent ainsi une zone tampon écologique et sociale, essentielle pour la survie du PNKB et de ses espèces emblématiques, comme le gorille de Grauer.
Cette convergence entre la conservation formelle et l’action communautaire est la clé d’une gestion durable. Elle prouve que, face à la déforestation, la meilleure réponse est de planter, d’éduquer, et de donner aux communautés les moyens de devenir les architectes de leur propre environnement.
- K-B FM





L’initiative des communautés locales du PNKB est louable, car au lieu et place d’attentdre des initiatives gouvernementales, autant déjà s’engager en tant responsable de la protection des forêts.