Alerte polio : une campagne de vaccination pour protéger 2 millions d’enfants
La poliomyélite, qui peut tuer ou laisser des séquelles d’infirmité à vie, est toujours une menace. Du 11 au 13 décembre 2025, une campagne nationale de vaccination est lancée, ciblant tous les enfants de 0 à 5 ans avec une stratégie de protection renforcée.
Malgré des succès historiques, la vigilance ne doit pas faiblir. Dans les années 2010, des campagnes intensives ont mené à l’éradication de la polio sauvage en 2015, et de la polio dérivée de type 2.
Cependant, comme le souligne Claude Bahizire, chargé de communication à la Division Provinciale de la Santé (DPS), plusieurs pays sont confrontés à des résurgences. L’inquiétude a été palpable en 2017, lorsque la DPS a été surprise par la présence de poliovirus dérivés de types 1 et 2 chez des enfants. Plus de 500 cas avaient été recensés à l’époque.
Grâce à un engagement constant — avec notamment 40 passages de vaccination organisés depuis 2022 — les efforts portent leurs fruits : en 2025, le nombre de cas a été réduit de manière spectaculaire, passant de 500 à 8. Ce résultat prouve l’efficacité du mode de routine et des campagnes organisées. « Plus l’enfant est vacciné, mieux l’enfant est protégé, » rappelle M. Bahizire.
La campagne de décembre, dont la date a été légèrement modifiée suite à une contrainte logistique liée aux intrants, présente une spécificité majeure : la co-administration de deux vaccins.
Pour offrir une immunité complète, les vaccinateurs administreront quatre gouttes (au lieu de deux). Il s’agit du nOPV2 (nouveau vaccin antipoliomyélitique oral de type 2) et du nOPV bivalent (protégeant contre les types 1 et 3).
Ces deux vaccins seront administrés simultanément à partir de deux flacons distincts. Les parents doivent être conscients de cette approche, car elle garantit une protection exhaustive contre les souches en circulation.
Un risque majeur persiste dans la propagation du virus, dont l’immunité des jeunes enfants est particulièrement faible. Le virus de la polio se propage principalement par voie oro-fécale.
« Quand l’enfant fait des selles, il propage le virus au sein de la communauté. C’est une maladie des mains sales, » explique Claude Bahizire.
Tant que l’environnement et l’hygiène ne sont pas assainis, le risque d’attraper la polio demeure. La zone de Bukavu est d’ailleurs identifiée comme une zone à risque élevé. Pour cette raison, la DPS insiste sur le strict respect des règles d’hygiène en complément de la vaccination, et encourage les parents à fréquenter les services de vaccination de routine.
Pour confirmer que les deux vaccins ont été administrés, le marquage après la vaccination se fera sur deux doigts de la main. Des moniteurs passeront ensuite pour vérifier que le processus a été correctement appliqué. « Il n’y a rien de compliqué ni de mystique, » conclut M. Bahizire, appelant à la participation citoyenne pour éradiquer définitivement cette maladie invalidante.
K-B FM





