Le Lac Kivu à l’agonie, l’ISP-Bukavu et la Coopération Suisse tirent la sonnette d’alarme

Ce vendredi 6 mars 2026, la salle Vandenhaute de l’ISP-Bukavu a vibré au rythme d’une urgence vitale. Dans le cadre de la campagne « Mois Vert », initiée par la Coopération Suisse en RDC, d’éminents chercheurs se sont relayés pour dresser un constat sans appel : notre lac, autrefois joyau de la région, est devenu le miroir de notre incivisme environnemental.
Sous la modération rigoureuse du Professeur Innocent Balagizi, cette journée de réflexion a transformé l’enceinte universitaire en un véritable tribunal de la conscience citoyenne. Le thème central, « Le lac Kivu : vitrine d’une ville qui ne gère pas ses déchets », a résonné comme un plaidoyer pour la survie de l’écosystème local.
Le Lac Kivu : Un dépotoir à ciel ouvert ?
L’intervention très attendue du Professeur Ordinaire Pascal Masilya Mulungula a marqué les esprits. Avec la précision du scientifique, il a démontré comment le lac Kivu est devenu le réceptacle final de la mauvaise gestion urbaine de Bukavu. Plastiques, déchets ménagers et sédiments s’y accumulent, menaçant non seulement la biodiversité aquatique, mais aussi la santé des populations riveraines.
« Le lac ne ment pas. Il expose aux yeux du monde ce que nous refusons de gérer sur la terre ferme », a laissé entendre l’assistance face aux évidences présentées.
Le débat ne s’est pas arrêté au constat. Le Professeur Jacques Riziki Walumona a abordé la problématique complexe des eaux usées. Quelle stratégie adopter pour une ville dont les infrastructures datent de l’époque coloniale ? Il a plaidé pour une refonte des systèmes d’évacuation, condition sine qua non pour freiner la pollution chimique et organique du bassin.

De son côté, le Professeur Dieudonné Bakenga Matabaro a apporté une lueur d’espoir en se tournant vers l’aménagement du territoire. Pour lui, le salut de Bukavu passe par ses cités périurbaines. En faisant de ces espaces des modèles de gestion durable et de désengorgement, il est possible de créer un nouveau standard d’urbanisme, loin du chaos actuel du centre-ville.
Un engagement diplomatique et académique
En ouverture de séance, les représentants de la Coopération Suisse et de l’ISP-Bukavu ont réitéré leur engagement commun : faire de ce « Mois Vert » bien plus qu’une simple campagne de communication. Il s’agit d’un catalyseur pour des politiques publiques plus vertes et une prise de conscience collective.
Alors que le soleil se couchait sur la colline de l’ISP, une certitude habitait les participants : le plaidoyer « Bukavu Ville Verte » vient de franchir une étape cruciale. La science a parlé, il appartient désormais aux décideurs et aux citoyens de transformer ces réflexions en actions concrètes.
- K-B FM




