L’après « Mois Vert » à Bukavu : Quand la fin d’une campagne devient le début d’une ère nouvelle

Si le calendrier indique la fin du mois de mars, pour les habitants de la capitale du Sud-Kivu, le « Mois Vert » ne fait que commencer. Ce dimanche 5 avril 2026, l’émission Paix et Développement a servi de tribune pour transformer un bilan élogieux en un engagement solennel pour l’avenir.
Initié par Thomas Jenatsch, Directeur de la Coopération Suisse (DDC), le « Mois Vert » a réussi son pari le plus audacieux : briser l’indifférence. Pour Déo Bashi (DDC), le succès ne se mesure pas seulement en activités, mais en mutation profonde : « La population a été mobilisée et les autorités impliquées. Ce mois de mars n’était que l’étincelle d’un processus irréversible de changement d’attitudes ».
Le bloc universitaire (UOB, UCB, ISP, UEA), sous la houlette de Pascal Masilya, a apporté la rigueur nécessaire au plaidoyer. Au-delà des diagnostics sur la pollution du lac Kivu, les scientifiques ont soumis des solutions impératives à la mairie. Il s’agit de la fiscalité écologique : Surtaxer les grands pollueurs, généraliser les poubelles publiques et institutionnaliser le tri et le recyclage.
Sur le terrain, l’ingénieur Adolphe Mugula a salué l’ingéniosité de la jeunesse. Des élèves ont déjà transformé le plastique en ressources, créant des poubelles artisanales pour leurs écoles. Mais le défi reste immense : 20 sites critiques, dont Yesu-Yesu 2 et Elakat, menacent de s’effondrer si cette dynamique s’essouffle.
La puissance du récit : Médias et Artistes en première ligne
Le « Mois Vert » a battu des records d’audience. Grâce à la Synergie des Journalistes pour le Développement Durable (SYJDD asbl), coordonnée par Sylvie Nabintu, et à l’expertise de médias comme Terra Nova RDC, plus de 50 millions de personnes ont été touchées.
Franck Mweze, de l’organisation Trois Tamis, a souligné comment l’art a rendu l’écologie désirable. Entre chansons « All Stars » et arts plastiques, le message a quitté les bureaux pour envahir la rue. Aujourd’hui, les médias partenaires s’engagent à intégrer durablement l’environnement dans leurs grilles de programmes.
C’est au stadium de Buholo 4 que le Maire de Bukavu, Nicolas Kyalangalilwa, a scellé l’avenir du projet. En s’engageant à pérenniser les acquis, l’autorité urbaine accepte le relais tendu par la DDC.
L’objectif est désormais clair : 1. Sortir du travail en « vase clos » pour une coordination urbaine structurée. 2. Produire un million de plantules par an via une pépinière géante pour répondre à la demande de reboisement.
La Coopération Suisse a joué son rôle de catalyseur. La balle est désormais dans le camp des Bukaviens. Comme l’a résumé la clôture de cette émission : si chaque citoyen investit ses propres moyens dans cette lutte, Bukavu ne fera pas que « survivre » à ses défis environnementaux, elle renaîtra. Le mois de mars est fini. Que vive le Mois Vert permanent.
- K-B FM




Bonjour la radio
Je cherche à savoir comment vous suivre soit en direct ou en différé chaque fois que c’est possible.
Je suis loon au Japon mais mon âme est toujours dans mon Bukavu natale.