Le feu de brousse : un ennemi invisible de notre biodiversité et de notre sécurité alimentaire

À Bukavu et dans ses environs, la pratique des feux de brousse continue de fragiliser nos écosystèmes. Au-delà des flammes visibles, c’est toute une chaîne de vie et la fertilité de nos terres qui partent en fumée. Ce lundi 16 mars 2026, l’Ingénieur Fernand Kibangu Mwemeli a tiré la sonnette d’alarme sur les ondes de Kahuzi-Biega FM.
Le feu de brousse ne se contente pas de consumer les arbres et les herbes. C’est un phénomène dévastateur qui impacte gravement la biodiversité dans son ensemble. Comme l’a rappelé l’Ingénieur Fernand Kibangu Mwemeli, Chef de Bureau du service de Reboisement à la Coordination Provinciale de l’Environnement, il est impératif de ne pas limiter notre vision à la flore.
La faune, souvent invisible à l’œil nu, paie un tribut lourd : insectes pollinisateurs, bactéries bénéfiques et micro-organismes essentiels à la vie du sol périssent instantanément. Cette destruction rompt l’équilibre délicat de nos écosystèmes et entraîne la perte irrémédiable d’engrais organiques naturels.
L’intervention de l’expert a mis en lumière un lien direct et inquiétant entre les incendies et l’insécurité alimentaire qui guette la province du Sud-Kivu. Le feu ne nettoie pas la terre, il l’appauvrit.
« Dans le sol, il y a de la matière organique : l’azote, le phosphore et le potassium. Ce sont des éléments fondamentaux. Quand vous brûlez la forêt, vous détruisez presque tous ces nutriments, pourtant cruciaux pour une agriculture productive », a expliqué Fernand Kibangu lors de l’émission.
En carbonisant ces éléments chimiques naturels, les agriculteurs privent leurs cultures de la nourriture nécessaire, condamnant ainsi les récoltes futures à la médiocrité.
Vers des méthodes culturales durables
Face à ce constat, l’ingénieur Kibangu Mwemeli exhorte les agriculteurs de la région à abandonner les pratiques de brûlis, souvent perçues à tort comme un moyen rapide d’obtenir des fertilisants (cendres). Ces méthodes sont inefficaces et dangereuses sur le long terme.
L’appel est clair : il est crucial d’adopter des alternatives durables. Le compostage, le paillage ou encore l’agroforesterie sont autant de pistes pour préserver nos écosystèmes tout en garantissant une sécurité alimentaire durable pour les générations actuelles et futures.
- K-B Fm





