Gestion des déchets et érosion à Bukavu : l’UOB se mobilise pour le « Mois Vert »

Ce mercredi 11 mars 2026, l’Université Officielle de Bukavu (UOB) a accueilli une conférence scientifique de haut niveau dédiée à la restauration des écosystèmes urbains. Chercheurs, étudiants et experts se sont réunis pour dresser un état des lieux sans concession de la salubrité publique et proposer des solutions face aux risques de glissements de terrain qui menacent la ville.
Sous l’égide de la Coopération Suisse, cette journée d’échanges a mis en lumière les efforts concrets de l’UOB pour transformer des espaces jadis insalubres en sites protégés. Le Professeur Alphonse Balezi Zihalirwa a présenté les travaux de restauration menés sur des points névralgiques tels que la place Major Vangu, le rond-point de l’ISP ou l’avenue de l’Athénée.
Au-delà de l’embellissement, ces interventions visent la stabilisation des ravins et des collines (notamment sur les sites Elakat, ISDR et UOB). « L’objectif est de protéger ces lieux autrefois transformés en poubelles », a-t-il précisé, tout en soulignant que le suivi de ces plantations est assuré par les étudiants eux-mêmes pour garantir leur pérennité.
Le défi des chiffres : 487 tonnes de déchets par jour
Le constat posé par le Professeur Cikwanine Kasigwa est alarmant : la ville de Bukavu produit quotidiennement 487,74 tonnes de déchets ménagers, dont la majorité provient des cuisines. L’absence de dépotoirs publics et la gestion anarchique au niveau des foyers aggravent la pollution et les risques d’inondations.
Pour inverser la tendance, le Professeur Alex Lina Alcke préconise une stratégie articulée autour de trois axes. Il s’agit du tri sélectif qui est un levier essentiel pour la valorisation des déchets, l’abonnement aux services de ramassage : Un appel pressant a été lancé à la population pour intégrer les circuits formels de collecte ainsi que l’investissement public où les autorités sont appelées à définir des modalités claires de gestion et à installer des infrastructures adéquates.
Un plaidoyer pour l’engagement étudiant
Présent à la conférence, Thomas Jenatsch, Directeur de la Coopération Suisse, a salué le dynamisme de l’UOB. Il a exhorté la « crème intellectuelle » à devenir des ambassadeurs de l’éco-responsabilité. Selon lui, les étudiants ont un double rôle : sensibiliser leur entourage immédiat et mener un plaidoyer vigoureux auprès des décideurs pour l’obtention d’un plan stratégique global de gestion des déchets.
Cette conférence à l’UOB n’est qu’un maillon de la vaste campagne du Mois Vert. Des activités similaires ont été déployées simultanément à l’Université Évangélique en Afrique (UEA), à l’Institut Faraja Béthanie ainsi qu’à Bagira, où des milliers d’arbres ont été plantés. Ce mouvement unit désormais universités, société civile, médias et artistes pour un Bukavu plus résilient et plus vert.
- K-B FM





